Dans notre MarketReview hebdomadaire, nous vous informons sur les tendances de l'énergie.
Pétrole
La prime de risque du baril de pétrole brut continue à progresser.
Semaine écoulée
La semaine passée, le prix du baril de pétrole a continué à progresser, jusqu'à 116,96 $, en raison de la situation toujours préoccupante au Moyen-Orient. Le cours du brut incorpore ainsi une prime de risque croissante. La volatilité élevée du marché attire par ailleurs de nouveaux investisseurs qui parient sur une pénurie de pétrole à court terme. Les marchés ne font que réagir au flux incessant d'informations inquiétantes en provenance de la Libye et des autres pays de la région. La semaine passée, seule l'annonce par le président du Venezuela Hugo Chávez d'une proposition pour négocier un plan de paix pour la Libye a réussi à faire fléchir le cours du brut de 2 $ le baril. Ce recul a cependant été rapidement effacé, indiquant par là que le marché est convaincu que les problèmes vont perdurer.
Perspectives
Nous prévoyons que le prix du pétrole va se maintenir à son niveau actuel. Même si de nombreux facteurs fondamentaux plaident pour une baisse du cours du brut, le prix de l'or noir ne reculera pas tant que le marché perçoit un risque de propagation des troubles sociopolitiques actuels à de grands pays producteurs comme l'Arabie saoudite. Actuellement, le risque d'un arrêt total de la production pétrolière de la Libye est intégré dans les cours du brut. D'autres pays pourraient facilement combler l'éventuel déficit de production provoqué par la guerre civile en Libye. Par ailleurs, nous entrons dans une période de baisse de la demande de pétrole. De nombreuses raffineries qui transforment le pétrole notamment en essence et en diesel seront en période de maintenance et produiront d'autres dérivés du pétrole pendant l'été. En clair, la demande de ces grands consommateurs de pétrole brut va diminuer dans les prochains mois. Même si nous ne pensons pas que le prix du pétrole puisse, à court terme, dépasser le cap de 120 $ le baril, il pourrait aller au-delà à plus longue échéance. Dans la mesure où l'offre de cette source d'énergie est quasi inélastique, la reprise de l'économie mondiale signifiera un nouveau renchérissement de son prix.
Gaz
Le prix du gaz fortement lié au cours du brut
Semaine écoulée
Le prix du gaz pour l'année civile 2012 a continué à progresser d'une semaine à l'autre, soutenu, comme nous l'indiquions la semaine dernière, par la montée du cours du pétrole. Le marché du gaz s'inquiète plus particulièrement d'une extension de la crise à des pays comme l'Algérie, le Yémen et l'Arabie saoudite où l'on extrait également du gaz. L'arrêt de l'approvisionnement en gaz en provenance de ces pays provoquerait surtout une hausse de la demande de gaz liquide (LNG) en Europe du Sud. Pour l'heure, la demande de gaz liquide augmente également en Amérique du Sud où des pays comme l'Argentine constituent des stocks pour l'hiver. Cette concurrence accrue va pousser à la hausse le prix de ces flux de gaz liquide. Notons cependant que tous les stocks souterrains en Europe ont été reconstitués ces derniers mois en raison d'un approvisionnement important en provenance de la Russie mais également des Pays-Bas (Slochteren). La production de gaz naturel néerlandais n'a jamais été aussi élevée depuis des années.
Perspectives
Nous prévoyons que le prix du gaz se stabilisera à court terme. Si les troubles au Moyen-Orient le soutiennent, les températures plus douces réduisent la demande.
À long terme, le prix du gaz devrait également évoluer de manière stable, attentif aux évolutions du marché pétrolier. Une baisse n'est envisageable qu'à la faveur d'un éclaircissement de la situation globale en Afrique du nord et au Moyen-Orient. Mais cela ne semble pas pour demain.

Electricité:
Le marché de l'électricité dégage de faibles marges.
Semaine écoulée
La semaine passée, les prix de l'électricité ont évolué de manière stable. Une stabilité favorisée par la faible consommation liée au chauffage, notamment en France, en raison de la météo clémente. Par ailleurs, les prévisions de hausse de la demande d'électricité des entreprises en phase de reprise économique semblent avoir été surestimées en raison d'une mauvaise évaluation des mesures d'économie d'énergie prises par celles-ci. Or, il apparaît bien que la hausse des prix de l'énergie a incité les entreprises, dans une mesure croissante, à mettre en œuvre une politique efficace en matière d'économie d'énergie. Si bien que leur demande d'électricité ne devrait pas croître avec la même vigueur que le développement de leurs activités. Il semble que la hausse des prix du pétrole et du gaz ne se répercute qu'avec retard sur le prix de l'électricité, ce qui pèse sur les marges des centrales électriques. Nous tablons donc sur une hausse des prix de l'électricité à court terme.
Perspectives
La contraction des marges des centrales électriques devrait donc faire progresser les prix de l'électricité. Les prix des matières premières sont si élevés qu'il arrive que les centrales fonctionnent à perte. Leurs opérateurs pourraient les arrêter mais une telle décision implique également des coûts non négligeables.
Dans le sillage de RWE, d'autres producteurs d'électricité ont annoncé leur intention de mettre hors service d'anciennes capacités de production. Ainsi, les nouvelles centrales prévues dans les prochaines années pourraient remplacer d'anciennes centrales et non pas s'y ajouter. Cela soutiendrait les prix de l'électricité à long terme. Nous tablons également sur le fait que la hausse des cours des valeurs sous-jacentes, comme le pétrole, le charbon et le CO2, va soutenir les prix de l'électricité à long terme.

Le prix d'achat de l'électricité et de gaz est déterminé par divers facteurs dans le marché de l'énergie.
Chaque semaine, nous donnons ci-dessous de nos attentes pour ces facteurs d'influence.
Cela vous donne une meilleure compréhension de l'évolution des prix de l'électricité et du gaz. Et il vaut mieux envoyer votre approvisionnement en énergie.

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